31.08.2006
Le négationnisme façon Shamuel Trigano
Libé a ouvert ce jeudi sa page Rebonds à Shamuel Trigano qui a pondu un article, sous le titre "guerre, mensonge et vidéo" dans lequel il s'attaque au traitement médiatique de la guerre des 34 jours.
On peut résumer son argumentaire en deux points :
1- En France on s'émeut moins pour les victimes Sri-lankaises ou Irakiennes que pour les victimes Arabes tués par Israél et Tsahal. Au yeux de Trigano, ce qui est mis en question dans cette émotion "exagérée" ce n'est pas tant Israél mais plutôt les Juifs.
2- Les images d'enfants massacrés, de Beyrouth partiellement détruite et de villages entièrement rasés, ne sont aux yeux de M. Trigano que le résultat d'un complot et d'un subtil montage d'images truquées destinés à raviver certains clichés antisémites tel celui "des Juifs tueurs d'enfants".
On peut effectivement se poser la question sur les raisons qui poussent les médias Français à s'intéresser plus aux victimes Libanaises de Tsahal qu'aux victimes Sri-lankaises. Mais est-ce dû à des relans d'antisémitisme propre aux Français comme le prétend M. Trigano ? Je ne le pense pas, parce que cet intérêt pour le Liban s'explique tout simplement par la proximité culturelle entre le Liban et la France, par les liens historiques existant entre les deux pays et aussi par les liens existant entre la France et Israél. Il est tout à fait normal donc que le dernier conflit ait trouvé une place large dans les médias français. Il ne faut pas oublier aussi que le conflit actuel au Proche-Orient, parce qu'il porte en lui le germe d'affrontements bien plus graves, justifie un traitement médiatique particulier.
Y a-t-il eu exagération des destructions et des massacres commis par Tsahal ? Je ne le pense pas, les médias français dans leur ensemble ont essayé de garder un certain équilibre. Sur la plupart des chaînes de télévision, on a toujours montré les civils qui souffrent des deux côté. Mais le problème pour M. Trigano, c'est qu'il y avait plus de morts et de destructions du côté libanais que du côté israélien, et puis il faut avouer que l'état hébreux fait tout ce qu'il faut lui même pour se rendre odieux aux yeux des occidentaux. Les médias n'ont pas besoin d'en rajouter, je trouve même qu'ils n'en font pas assez pour dénoncer les crimes commis par l'armée isrélienne.
Le problème de M. Trigano et de certains Juifs c'est qu'ils poussent leur identification aveugle en tant que Juif, non à Israél, mais plutôt à la politique des différents gouvernements israéliens. Cette identification aveugle les pousse alors à nier l'évidence à savoir le gouvernement israélien et son armée commettent régulièrement des massacres contre des civils. Ces massacres ne sont pas le résultat d'erreurs de bombardements ou des "dégats colatéraux" mais bel et bien le résultat de bombardements délibérés de civils. Cela fait, hélas, partie des pratiques de Tsahal dès sa naissance.
Il existe des Juifs qui ne s'identifient pas à Israél, et Juifs qui tout en s'identifiant à Israél ne s'identifient pas à la politique ni aux pratiques de son armée. Ces Juifs là n'ont aucun mal à dénoncer les crimes commis par Tsahal surout lorsque cette dernière tue de manière délibérée des enfants. Comme d'autres citoyens non Juifs, ils ne dénoncent en aucun cas "les juifs tueurs d'enfants" mais plutôt "une armée commandité par un gouvernement qui massacre des civils dont des enfants" sans aucun regret comme l'a revendiqué le premier ministre Olmert lui-même dans une interview au quotidien Le Monde après les massacres de Cana.
19:45 Publié dans Israél, Liban, libé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, israel, politique
29.08.2006
Nasrallah for Prime Minister - of Israel
Etonnant article paru dans le quotidien israélien Haaretz sous la plume de Bradley Burston, "Nasrallah for Prime Minister - of Israel" rien que le titre en dit long.
Burston dénigre dans son article les dirigeants israéliens. Il critique leur incompétences dans la gestion du dernier conflit. Il fustige aussi le degré de corruption qui a atteint la plupart de ces dirigeants, leur manque d'intégrité morale.
Il leur conseille de prendre exemple sur Nasr Allah dont il décrit les mérites, ses qualités dans la gestion du conflit. Il chante ses louanges et lui trouve même toutes les qualités qui peuvent faire de lui un grand dirigeant pour Israél.
"Nasr Allah permier ministre d'Israél", demande ironiquement Bradley, mais il oublie une chose, c'est que Nasr Allah n'acceptera certainement pas une telle proposition, il ne troquera pour rien ses braves et dévoués combattants pour les incmpétents soldats de Tsahal et une élite poltique israélienne corrompue et opportuniste.
Un autre article qui vante les mérites de Nasr Allah et lui reconnait des qualités d'un vrai chef a été publié dans le quotidien israélien de droite Yediot Aharonot, sous le titre "The surprise party".
18:40 Publié dans Israél | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, israel, politique
28.08.2006
Libé pleure ses soldats morts
Lu dans libé de ce lundi 28/08/2006, sous la plume de Pierre MARCELLE dans sa rubique intitulée "quotidienne" :
"De l'été belliqueux, sur un mode désormais bien rodé en ses alibis antiterroristes,nous sortirions donc épuisé et perplexe. Car, si l'on ne sait trop qui, d'Israël ou du Hezbollah, a gagné la guerre au Liban, on retiendra, pour désespérer un peu plus demain,qu'avec trop de milliers de civils y périt aussi Uri Grossman, jeune homme de paix de 20 ans, fils de David Grossman et tankiste de Tsahal."
Remarquons que ce qui désespère Pierre Marcelle ce n'est pas tant la guerre et son cortège d'horreurs, ni les milliers de civils Libanais massacrés délibérement par l'aviation et l'artillerie de Tsahal, mais plutôt la mort d'un soldat israélien qu'il qualifie d'homme de paix.
Comment peut-on qualifier un soldat tankiste d'homme de paix, lorsqu'on sait qu'il a accepté de se mettre dans un tank pour envahir un pays et bombarder sa population.
Lorsqu'on est un homme de paix on refuse de s'enrôler dans une armée dont le seul fait d'armes est le massacre de civils innocents dont une majorité d'enfants et de femmes.
Si Uri Grossman était épris de paix, il aurait fait comme ces refusniks ou ces Shministim, soldats israéliens qui désertent l'armée israélienne sachant qu'ils risquent de se retrouver en prison.
Si Uri Grossman était épris de paix il aurait fait comme ces jeunes hommes de paix les Shministim qui ont écrit une lettre à leur premier ministre dont voici le début :
"Nous, garçons et filles, citoyens d'Israël, qui croyons dans les valeurs de la démocratie, de l'humanisme et du pluralisme, affirmons par la présente que nous refuserons de participer à la politique d'occupation et de répression pour laquelle le gouvernement israélien a opté. Nous venons de milieux variés, mais nous sommes tous d'accord que les valeurs suivantes sont la base d'une société juste. Chaque personne a droit aux droits fondamentaux : le droit à la vie, à l'égalité, à la dignité et à la liberté. C'est notre devoir moral et civique d’agir pour la défense de ces droits en refusant de participer à la politique d'occupation et de répression."
Et pour finir reconnaissons quand même que notre cher Pierre Marcelle avoue que la lutte antiterroriste n'est qu'un alibi derrière lequel se cache les gouvernements d'Israel et l'administration américaine pour justifier leur volontés d'hégémonie et leur politiques du chaos dans la région.
14:25 Publié dans Israél, libé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israel, liban, politique
26.08.2006
dessiner la tragédie

"Depuis les entrailles du sol libanais, 1 500 personnes se demandent : 'pourquoi?"
Mazen Kerbaj est un dessinateur Libanais de 31 ans, il tient un blog sur lequel il n'a cessé de croquer sa vision de la tragédie qu'a vécu le Liban durant 34 jours.
21:35 Publié dans Liban | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Liban, israel
Frappes chirurgicales
11:05 Publié dans Beyrouth | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, Liban, Israel, photos
25.08.2006
Quel avenir pour Israél ?
Depuis la fin des hostilités entre Israél et le Hezbollah, de nombreux articles paraissent dans les journaux israéliens pour tirer les leçons de la guerre des 34 jours. Il existe actuellement deux grandes tendances en Israél.
La première, qui recueille l’adhésion de la majorité d’Israéliens est l’analyse qui consiste à dire qu’Israél n’a pas été assez loin dans l’utilisation de la force contre le Liban et le Hezbollah, qu’il y a eu quelques défaillances au sein de Tsahal auquelles il faut rapidement remédier pour recommencer une nouvelle attaque et écraser définitivement le Hezbollah. Certains parlent de "finir le travail", d'autre évouqent la nécessité d'un "deuxième round".
Cette tendance se fonde sur une vieille constante dans la politique israélienne déjà présente chez les fondateurs d’Israél comme Ben Gourion et les terroristes de l’Irgoun, selon eux "les Arabes ne comprennent que la force, il faut gagner toutes les guerres contre eux, il faut les terroriser pour détruire en eux toute vélléité et volonté de résister".
Le problème c’est que cette analyse tire de très mauvaises leçons de l’échec de cette politique au Liban par deux fois. Plus Israél use de la force plus elle renforce à la fois chez les Libanais et chez les Palestiniens la volonté de résister par tous les moyens.
Les tenants de cette thèse feraient mieux de relire la Bible et en particulier le mythe de David et Goliath. La force matérielle finit toujours par aveugler, comme le sugère aussi toutes les sagesses du monde. Ces fanatiques de la logique du plus fort devraient méditer sur l'Histoire de l'humanité qui regorgent d'exemples où la force a fini par se retourner contre ceux qui l'utilisent de manière immorale et sans limites.
A court terme, c’est cette tendance qui gagnera en Israél. Il faut s’attendre donc à d’autres aventures israéliennes au Liban. Le problème c’est que le Hezbollah est toujours capable de ridiculiser Tsahal comme il l’a montré lors de leur rentative d’incursion dans la plaine de la Beqaa quelques jours après l'arrêt des hostilités.
"Jamais deux sans trois" comme le dit le vieil adage populaire, peut-être qu’il faut un troisème échec au Liban pour que la majorité des Israéliens comprennent en fin que l’usage irraisonné et immoral de la force ne mène qu’à une impasse.
La deuxième tendance est minoritaire pour l’instant, mais elle n’est plus constituée comme par le passé que de militants pacifistes et d’extrême gauche. De nombreux anciens haut responsables militaires et politiques, notamment un ancien chef des services secrets militaires, défendent l'idée que la dernière agression isarélienne au Liban ainsi que sa politique repressive à Gaza et contre l’Autorité Palestinienne constituent la preuve absolue que l’usage excessif de la force et la politique de la terreur ne peuvent mener Israél qu’à plus d’insécurité et à une impasse. D'ailleurs, il est très facile de remarquer qu'après chaque intervention musclée d'Israél, elle se retrouve à très court terme encore plus en danger.
Les défenseurs de cette thèse appellent donc à une autre politique basée sur la prise en compte de l’autre et à une solution globale du problème au Proche Orient basée sur les négociations et le dialogue.
Je pense qu’à moyen ou à long terme c’est cette dernière tendance qui s’imposera en Israél surtout si le Hezbollah garde intacte sa capacité de résistance sur le terrain, sa capacité à atteindre Israél par les missiles et si les Libanais restent solidaires et unis face à toute nouvelle agression israélienne.
Espérons que d’ici là les peuples Palestinien et Libanais ne payront pas cher la folie délirante des sionistes israéliens et des sinonistes évangélistes Américains.
11:00 Publié dans Israél | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : israél, liban, politique
24.08.2006
Libé a choisi son camp
Notre "canard qui pue" Libé a consacré aujourd'hui 2 pages et demi à des paroles de soldats de Tsahal qui critiquent l'attitude de la direction de Tsahal durant l'intervention israélienne au Liban.
Après avoir critiqué les ordres incohérents de leur hiérarchies et les erreurs de logistique, un soldat d'élite raconte ses frustrations et rajoute "Nous avons fait beaucoup, mais à peine 10 % de ce que nous aurions pu faire. C'était très frustrant.». Quant au sergent-chef Yossi Avigor, il affirme vouloir y retourner : "On me rappellera dans quelque mois pour finir ce qui n'a pas été fait. Et j'y retournerai". Un autre soldat, Lior Dinmiz, dit qu'il regrette que son gouvernement ne les "ait pas laissés finir le travail".
Cette expression "finir le travail", utilisée souvent par les mafieux, revient souvent dans la bouche des responsables poltique et militaire Israéliens. Lior Dinmiz rajoute "Je suis certain qu'il y aura un second round. Quand il arrivera, je veux qu'Israël soit prêt à l'emporter" il répète ce qu'a dit son premier ministre Olmert lors de son discours à la Knesset le lendemin du cessez le feu.
Un autre soldat, Avi Ashkenazi affirme : «Le Hezbollah s'en prenait aux ambulances militaires», auparavant notre soldat avait précisé que ces ambulances étaient blindées. Ah ces méchants Hezbollahis qui tirent sur des ambulances militaires blindées, alors que les gentils et braves soldats de Tsahal ne tirent que sur des objectifs purement militaires déguisés en convois de civils, convois humanitaires, habitations civiles, etc !
Quelle indécence ! utiliser des métaphores mafieuse telle "finir le travail", ou sportive telle "deuxième round" pour désigner une guerre durant laquelle Tsahal a massacré plus d'un millier de civils, provoqué l'exode de plus d'un million de personnes, détruit l'infrastructure d'un pays, provoqué la plus importantante marée noire en méditérannée, etc.
Bravo Tsahal, bravo Israél pour cette leçon d'humanisme.
Libération aura consacré donc plus de deux pages à des appels de guerre.
Dans la rubrique "les faits du jour", notre "canard qui pue" Libé rapporte cette infiormation : " Un soldat israélien a été tué dans le sud du Liban, lors d'une «opération militaire» dans la nuit de mardi à mercredi.".
De quelle opération militaire parle Libé ? Toutes les agneces de presse ont rapporté "qu'un militaire israélien a été tué et trois autres blessés par l'explosion de mines dans le sud du Liban."
Ces mines ont été posées par l'armée israélienne elle-même durant son occupation précédente du Liban.
Pourquoi Libé omet-il de préciser ce détail important ?
pourquoi le qualifie-il d'opération militaire ?
est-ce pour sauver Tsahal du ridicule ?
l'image de l'arroseur arrosé ne sied-t-elle pas à notre glorieuse Tsahal chère à Claude Lanzmann ?
Pour sauver son image et pour ne pas paraître trop partial, notre "canard qui pue" libé publie dans le même numéro sur une petite colonne, une interview de Trad Hamadé, ministre libanais du Travail nommé par le Hezbollah. Hamadé exprime sa volonté de voir les Français qu'il qualifie de "nos amis" déployer rapidement des forces importantes au Sud Liban dans le cadre de la Finul. Le ministre réaffirme le désir des Libanais de vivre en paix et la volonté du Hezbollah de respecter la résoltion du conseil de sécurité "Nous avons accepté la 1701, donc nous ne voulons pas créer de problèmes. Nous patientons, nous voulons laisser le temps à la communauté internationale de jouer son rôle." Mais il rajourte que "cette attitude n'est pas celle d'un faible, mais de quelqu'un qui veut la paix. Maintenant, si la communauté internationale laisse les mains libres aux Israéliens, nous n'allons pas rester éternellement les bras croisés. Je le dis clairement : si Israël déclare à nouveau la guerre au Liban, ce sera une guerre régionale terrible"
12:30 Publié dans libé | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : liban, israel, presse, politique




Beyrouth, Aout 2006